Lettre envoyée aux députés et sénateurs

Madame, Monsieur,

Une femme qui se discrimine volontairement en portant le voile islamiste a poursuivi devant les tribunaux une femme qui lui a demandé d’ôter ce voile dans son salon où elle invite les hôtes de son gîte rural. Le tribunal a non seulement reçu la plainte de la personne qui se discrimine, mais a condamné celle qui demandait de respecter les principes républicains à de la prison, à une amende et à de forts dommages et intérêts pour des associations !

Le voile islamiste serait-il une obligation religieuse sexuée ? Les tribunaux de la République seraient-ils habilités à trancher sur cette question théologique ?

· Soit cette femme a « choisi » de s’auto-discriminer en portant ce signe. Si elle a le droit de le porter, pourquoi une personne n’aurait-elle pas le droit de le refuser ? Y a-t-il une hiérarchie entre les individus ? Les rites religieux seraient-ils supérieurs aux principes républicains ?

· Soit le voile lui est imposé. Le tribunal en 1ère instance légitimerait ainsi cette oppression sexuée.

Bien évidemment, en appel et en cassation, ce jugement doit être anéanti.

Des directrices d’école sont également poursuivies auprès des tribunaux. Elles ont demandé à des mères d’élèves, souhaitant accompagner des activités scolaires, d’enlever leur signe ostensible d’appartenance religieuse, par respect de tous les élèves et de la neutralité du service public d’éducation nationale.

Dans notre Etat de droit, comme dans toute société démocratique, la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. La loi seule permet aux libertés des uns et des autres de cohabiter plutôt que de s’opposer, de se renforcer, même en se limitant mutuellement, plutôt que de se détruire, d’être libres ensemble.

Si la loi permet, en France, de condamner une personne à de la prison pour avoir demandé à une femme voilée d’ôter ce signe, dans un espace collectif, par respect des autres usagers, il faut changer la loi!

La loi préconisée par la commission Stasi précisait les règles de fonctionnement de la laïcité dans les services publics et les entreprises, en particulier les obligations des usagers.

Nous vous demandons donc d’étendre la loi de 2004 sur les signes religieux

· à l’université et dans les établissements publics d’enseignement supérieur

· à certaines catégories de la population, en situation de faiblesse, notamment les fillettes,

· à des tenues, qui dissimulent entièrement les femmes, telles la burqa.

Nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de notre considération républicaine,

Les initiateurs de la pétition : Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes, Anne Zélensky, présidente de la ligue du droit des femmes, Annie Sugier présidente de la ligue internationale des femmes, Pierre Cassen, animateur de Riposte Laïque.

Ainsi que les 3500 signataires, parmi lesquels de nombreux élu-e-s : Yvette Roudy, ancienne Ministre, Présidente de l’Assemblée des femmes, Corinne Lepage, ancienne Ministre, Présidente de Cap 21, Françoise Hostalier, ancienne Ministre, Députée du Nord, Pascale Crozon, Députée du Rhône, Catherine Quéré, Députée de Charente Maritime, Jacques Myard, Député des Yvelines, André Gerin, Député, maire de Vénissieux (Rhône), Nicolas Dupont-Aignan, Député, maire de Yerres (Essonne), Marc Dolez, Député du Nord, Philippe Esnol, conseiller général des Yvelines, maire de Conflans-Sainte-Honorine, Olga Trostiansky, Maire adjoint Paris, Mireille Kukawka, conseillère municipale de Paris, Mireille Mavrides, conseillère municipale PCF de Marseille ; Serge Viaud, maire, Monts, Jean Pierre Deruelle, député suppléant 9e circonscription du Pas de Calais,…

La pétition et la liste des 3500 signataires sont sur le site

[http://www.halteauvoile.fr->http://www.halteauvoile.fr]