Le Conseil national de la refondation (CNR), nouvelle arnaque de Macron

Macron nous a encore sorti un lapin du chapeau, un nouvel organe de délibération censé rassembler tous les partis politiques et la société civile, afin de débattre des réformes futures. Et pour présider cette nouvelle commission gadget, pompeusement appelée Conseil national de la refondation, c’est François Bayrou qui a décroché le pompon. La première réunion est prévue pour le 8 septembre.

Chefs de partis politiques, responsables des groupes parlementaires, associations d’élus, syndicats, corps intermédiaires sont invités à cette grand-messe démocratique, visant à débattre des grands enjeux nationaux. Comme si les fléaux qui menacent la nation et les grandes réformes qu’on attend depuis dix ans avaient encore besoin d’un énième débat. C’est du vent, de la poudre aux yeux alors que rien n’avance. Macron joue la montre et fuit l’action, il promet, parle beaucoup, mais ne fait rien.

Les institutions de la Ve République ne suffisent-elles pas pour mener les réformes vitales qu’attend le pays depuis des lustres et que Macron refuse d’engager ? Nos députés et sénateurs ne sont-ils pas là pour débattre et voter les lois utiles au pays ? En cinq ans, rien de sérieux n’a été fait et tout s’est aggravé. Ce fut un quinquennat pour rien.

On attend toujours la réforme des retraites, la diminution du nombre de parlementaires et de fonctionnaires, la proportionnelle. On attend une réforme de la justice qui protège d’abord les citoyens avant les voyous, une véritable réforme sur la sécurité pour que la peur change enfin de camp, une réforme courageuse qui combatte réellement l’islam radical en pleine expansion, une réforme de l’école qui rehausse enfin le niveau général des élèves en chute libre, une réforme de la santé qui combatte les déserts médicaux et relance massivement la formation de médecins, une réforme pour relancer le nucléaire et nous assurer notre indépendance énergétique comme le voulait le général de Gaulle.

En cinq ans, avec Macron, la France est passée du 5e au 7e rang mondial, preuve que bien des pays ont fait mieux que nous face à la crise du Covid, ce faux prétexte dont la Macronie use et abuse pour s’exonérer de ses insuffisances et de ses échecs.

Après le Grand débat dont les conclusions sont passées aux oubliettes, après la Convention citoyenne sur le climat, sans lendemain elle aussi, Macron a cru frapper un grand coup en se référant au Conseil national de la Résistance, pour promouvoir la démocratie participative.

Quelle culot ! Notre piètre Président aime les symboles à défaut d’afficher des résultats probants.

Si le Conseil national de la Résistance, créé en 1944 pour mieux coordonner les actions hostiles au gouvernement de Vichy, avait fait l’unanimité, le CNR de Macron suscite un tollé quasi général.

C’est le boycott unanime dans l’opposition.  Chacun y voit un contournement du Parlement, une négation du suffrage universel, voire une arnaque de l’exécutif qui n’a plus de majorité.

Gérard Larcher a écrit son désaccord avec ce Conseil bidon qui cherche à se substituer à la représentation nationale.

Marine dénonce « un énième artifice de communication qu’Emmanuel Macron a trouvé pour faire croire qu’il changera sa politique et sa manière de gouverner ».

Pour Mélenchon, c’est « la deuxième saison du grand blabla ».

Les Verts, les Républicains sont sur la même longueur d’onde. Tous vont pratiquer la politique de la chaise vide le 8 septembre. Syndicats et associations d’élus traînent les pieds.

Bref, un énième coup de com pour nous faire croire que Macron va enfin agir et réformer, alors que la caractéristique de sa présidence est l’inaction, masquée sous de beaux discours sans lendemain.

Le meilleur exemple de cette inaction coupable est le sabordage de la filière nucléaire, qui va nous mener au désastre économique et « au confinement énergétique », comme le dit Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFrap. Le constat est accablant :

Macron a fermé précipitamment Fessenheim avant même la mise en service de Flamanville.

Il a décidé de ramener la part du nucléaire à 50% de la production d’électricité, alors qu’il fallait au contraire prolonger les centrales de 15 ou 20 ans.

Pendant cinq ans il a refusé de lancer de nouveaux EPR.

La nouvelle loi prochainement débattue au Parlement prévoit l’accélération des énergies renouvelables, en simplifiant toutes les procédures. Mais pas un mot sur le nucléaire, pas un mot sur la réouverture de Fessenheim qui est encore possible. Il faudrait quatre ans pour relancer cette centrale, ce qui est peu comparé au délai de dix ans pour un nouveau projet.

Nous avons 8000 éoliennes. Il en faut 5600 de plus pour compenser la seule fermeture des deux réacteurs de Fessenheim.

Sur 56 réacteurs, la moitié sont à l’arrêt pour maintenance ou corrosion.

La France, qui était exportatrice nette d’électricité est devenue massivement importatrice, à des prix astronomiques pour le mégawattheure, passé de 85 euros à 1000 euros pour livraison en 2023.

On peut s’interroger sur l’imprévoyance du gouvernement, qui n’a pas suffisamment échelonné les opérations de maintenance avant l’hiver. Mais Macron ne se soucie que des éoliennes et du solaire, si peu utiles en hiver ou quand les vents sont faibles faibles.

Macron est un modèle d’incompétence qui n’a aucune vision stratégique et qui va encore noyer le poisson avec son CNR, lequel va davantage paralyser l’action gouvernementale en palabres stériles, que la dynamiser.

Les Français ont raison d’être inquiets.

Dans un récent sondage Odoxa, ils sont 84% à juger que la France est vulnérable en matière d’énergie, et ils sont 52% à ne pas faire confiance à Macron pour assurer l’approvisionnement de la France en gaz et en électricité pour les prochains mois.

Il a fallu dix ans à de Gaulle pour propulser la France dans le trio de tête des grandes puissances mondiales.

Il faudra moins de dix ans à Macron pour la détruire.

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